JOURNAL DE BORD DE LA CREATION SAMANTHA A KINSHASA / 5è EPISODE

16 sept

Résidence Samantha à Kinshasa.

Compagnie abc – Juillet 2010 – Congo Brazzaville et RDC

Journal de bord écrit par Sylvie Boskowitz (5)

Samedi 24 juillet

“Aujourd’hui c’est relâche, nous en avons grandement besoin, la fatigue grandissant. Albert, le chauffeur du CCF nous emmène une journée à la campagne pour voir les singes Bonobos. Nous partons de l’hôtel à 11h dans le grand break gris du CCF, c’est parti pour la traversée de Kinshasa, cette ville immense qui s’étend sur des kilomètres. Nous traversons plusieurs quartiers appelés Communes, avec entre autre le quartier résidentiel de Macampagne où il y a (invisibles derrière les murs d’enceintes) de grandes maisons pour les riches, il parait que Kofi Olomidé, Papa Wemba et Werrason ont des maisons dans ce coin-là. C’est aussi ici que se trouve le palais présidentiel où Kabila père s’est fait assassiné, Kabila fils habite maintenant en centre ville dans l’ancienne demeure réservée au premier ministre. Ce quartier de Macampagne s’étend sur les collines qui entourent Kin, on a donc pour une fois une vue sur une partie de la ville.

Nous traversons des marchés, on y voit des fruits et légumes, ce qui est rare en centre ville où les shayeurs ne vendent que des fruits facilement consommables sur place comme les oranges et les bananes. Les maisons s’espacent de plus en plus, et la campagne prend le dessus. Beaucoup de parcelles cultivées sur de petits monticules de terre hyper ordonnés de forme rectangulaire avec des plantations très rangées.

Après plus d’une heure de route, nous arrivons sur un chemin sablonneux escarpé, où notre voiture s’engouffre sans difficulté. Au bout de 3 km, une barrière avec un garde qui nous demande 1$ / personne, c’est l’entrée d’un restaurant situé au bord d’un lac dans la végétation. Des tables sous des paillottes au bord du lac, des pédalo bleus, un calme divin. Nous prenons commande pour le repas et repartons vers la réserve des Bonobos. Le parc Lola ya Bonobo (= le paradis des Bonobos) est un centre d’accueil pour ces grands singes qu’on ne trouve qu’en RDC. Ils étaient 100.000 en 1980, on n’en compte plus que 10.000 aujourd’hui, en cause : la déforestation et le braconnage. Le bébé Bonobo ne survit pas s’il n’est pas élevé par une maman les premières années de sa vie. Ce parc recueille les singes en perdition pour les sauvegarder et petit à petit les relâcher dans leur milieu naturel, le processus est très long. Les bébés Bonobos sont donc élevés ici par de mamans congolaises, qui font office de nounous, passant toute la journée dans l’enclos des petits qu’elles portent dans leur dos ou qu’elles accueillent sur leurs genoux. C’est très impressionnant. Notre visite du parc est accompagnée par un guide très didactique, mais c’est sympa.

Copyright: Compagnie abc

Retour au bord du lac pour le déjeuner, balade autour du lac, il y a des bonnes sœurs qui ont l’air de bien se marrer, et il y a une ONG qui distribue des arrosoirs aux paysans du coin. On est bien, détendus, heureux de ce break dans la nature car cela commence à nous manquer terriblement.

Copyright: Compagnie abc

Retour vers 18H, nous achetons des fruits délicieux, et reprenons la route de la ville. Soudain, ambiance bizarre, des gens courent et traversent la route à une centaine de mètres devant nous. Albert arrête l’auto, on ferme portes et fenêtres, on essaie de reculer la voiture mais il y a trop de véhicules engagés derrière nous. C’est une descente de voyous, armés de pierres qui viennent en découdre avec les jeunes du quartier à l’issue d’un match. On sent que tout peut aller très vite, des passants nous conseillent d’attendre avant de reprendre la route. En effet les mouvements de foule qui court reprennent dans un sens, puis dans l’autre. Finalement des voitures arrivent d’en face, Albert se dit que si ces autos ont pu passer, c’est que ce sera possible pour nous aussi, il engage donc notre véhicule, à bonne vitesse car il ne sera pas question de s’arrêter si quelque chose se passait. Une fois “l’épicentre” passé (comme dit Benoist) nous retrouvons la vie normale et bouillonnante des rues de Kinshasa comme nous les connaissons. C’est samedi soir, pas mal d’embouteillages, Albert nous ramène à l’hôtel, il devra ensuite rapporter la voiture au CCF et prendre 2 taxis pour rentrer chez lui (il habite non loin de Macampagne, c’est à dire des quartiers que nous venons de traverser).

Nous nous retrouvons tous les quatre sur le balcon de ma chambre pour faire un dîner des délicieux fruits que nous avons achetés durant notre virée. Super journée, exactement ce qu’il nous fallait !”

Sylvie Boskowitz

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