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Nouvelles Zébrures à la campagne

9 juil
Bonjour à tous!
Nouvelles Zébrures continuent son chemin et va là où on l’attend le moins. Pour preuve, ces quelques photos témoignant du passage de l’auteur Fiston Mwanza et du comédien Marcel Mankita au LEGTA de Tulle/Naves.


Nos artistes ont été accueillis par une classe du lycée agricole pour entendre un extrait de l’oeuvre par Marcel Mankita.

Par la suite, Fiston Mwanza a pris le temps de répondre aux questions des élèves, d’éclairer certains passages du texte et expliquer les conditions d’écriture d’un jeune auteur.

Prochaine lecture de Tram 83: samedi 20 mars à 20h30 à Brin de Zinc*Café à Faux-La-Montagne.

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Message édité le 18 mars 2010

Crabe rouge de Julien Mabiala Bissila

9 juil

Dans le cadre de Nouvelles Zébrures, nous accueillons la lecture de Crabe Rouge de Julien Mabiala Bissila mis en espace par Bénédicte Wenders. Mais qu’est-ce que “Crabe rouge”?

“Crabe rouge est un bar sordide le long du fleuve Congo. Bayouss, manchot, en est le tenancier, Bibiche y danse en professionnelle malgré sa grossesse. Le colonel Dolpic vient chercher des noises à Bayouss, et l’ex-enfant-soldat Marley vient y rouler des mécaniques. Ce jour-là, la télévision retransmet le procès des « disparus du Beach ». Mais dans le bar le chaos de la vie continue: impossible de fermer les robinets de bières comme l’ordonne le gouvernement, la nuit qui tombe régulièrement sur le bar faute d’électricité… Mais dans le chaos de la vie, même dans la nuit, il y a de la vie. Même si elle est racontée, dans une langue décapée à l’acide, par ceux qui sont peut-être déjà morts ou par l’enfant qui refuse de naître. Ce sont les lendemains de guerre à Brazzaville avec ses personnages déjantés, leur violence, leur humour, leur séduction aussi.”

Pour mieux entrer dans le texte, revenons sur les événements de mai 1999, les “disparus du Beach” et sur les différentes étapes du procès.

Faisons un rappel des faits.
Entre avril et juin 1999, des Congolais (du Congo-Brazzaville) réfugiés du fait de la guerre civile dans la région du Pool ou en République démocratique du Congo (RDC), sont revenus vers Brazzaville par le port fluvial, suite à la signature d’un accord tripartite entre la RDC, la République du Congo et le Haut Commissariat aux réfugiés, définissant un couloir humanitaire censé garantir leur sécurité. A leur arrivée à Brazzaville, des centaines de personnes ont été arrêtées par des agents publics pour interrogatoire et ont disparu, sans que l’on sache, encore aujourd’hui, ce qui leur est arrivé.
En 2005, un procès de plus de trois semaines a lieu à Brazzaville. La Cour criminelle décide, par son verdict du mercredi 17 août , d’acquitter les quinze accusés dans l’affaire des disparus du Beach, tout en reconnaissant la disparition de plus de 85 personnes lors des événements de 1999.
La Cour de cassation française casse le 09 avril 2008 la décision annulant la procédure du « Beach de Brazzaville » devant les juridictions françaises. Elle décide ainsi de renvoyer devant la juridiction de Versailles laissant la voie ouverte à la réouverture de l’enquête.
En juin 2007, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles valide toutefois l’enquète dans cette affaire. Mais, concernant le chef de la police congolaise Jean-François Ndengue, elle a estimé qu’il jouissait d’une immunité empêchant sa mise en examen en France. La justice française a abandonné, le 20 juin 2008, les poursuites contre M. Ndenguele, qui avait été mis en examen pour “crimes contre l’humanité” dans l’affaire des disparus du Beach.
De même, le 2 novembre 2007, un arrêté ministériel congolais a établi une interdiction de comémoration publique aux victimes du massacre du Beach.

Pour comprendre l’importance de cette réouverture du dossier, nous vous invitons à écouter Marcel Touanga, président du Collectif des parents des disparus du Beach de Brazzaville sur le blog de la FIDH

Pour entendre le texte Crabe Rouge de Julien Mabiala Bissila:
Mardi 23 mars à 12h30 au théâtre du Rond Point à Paris.
Jeudi 25 mars à 18h30 à la salle de théâtre du Lycée Léonard Limosin à Limoges.

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Message édité le 16 mars 2010

Nouvelles Zébrures du lundi 15 au vendredi 26 mars.

9 juil

Nous sommes heureux de vous annoncer l’ouverture de la cinquième édition de Nouvelles Zébrures. (Lectures et Rencontres littéraires à Limoges, en région et à Paris.)

Tout au long de cette manifestation, le blog vous proposera des éclairages, des entretiens avec les auteurs et quelques surprises!
Cette année, nous voyageons entre les écrits du Québec, d’Haïti, du Mali pour finir notre périple sur les deux bords du fleuve Congo avec les regards de Fiston Mwanza (RDC) et Julien Bissila (Congo).

Pour connaître tous nos rendez-vous, suivez le lien!

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Message édité le 15 mars 2010

Un décor

9 juil

Avant l’arrivée des amis de Sarah, j’ai mis en place un décor: chaise, bouteille et verre renversés, livre de poésie de Darwich ouvert sur une petite table, foulard rose posé sur une autre chaise, par terre un message à moitié déchiré. Ils ont imaginé ce qui était arrivé dans ce décor.

TEXTE DE JUANITA

Ludo est mon voisin et je l’aime depuis le 21 juin, il jouait du pipeau en bas de ma rue. Ce matin j’ai fait un avion en papier, sur lequel j’ai écrit: Veux-tu vivre avec moi? et je l’ai envoyé sur la table de son petit déjeuner. Assise dans le métro, je compose ce message: si tu ne veux pas : viens à 22h !.
Je rentre chez moi, la fraîcheur de l’hiver m’a obligé ce matin à mettre le cache-nez de ma grand-mère, elle est gratteuse mais elle sent cette odeur mélangée de meringue et de naphtaline qui réconforte. Je prends la ligne 11 et je descends à Jourdain. Je me souviens de notre premier “Swinging Belleville rendez-vous” le 5 juillet à l’auberge de Mauvendre rue de Palestine. Je prends l’ascenseur. Je m’arrête au 5 ème étage, je glisse la clé dans la serrure, j’ouvre la porte et j’enlève mes bottes. Eh merde, mes résilles imbibés de l’urine féline d’un chat non castré: sacré tue l’amour!!!
Il ne supporte pas c’nouvel appart, tktktk viens mon pépère, viens: voudrais-tu un brin de poésie, allez au hasard, Paul Eluard “Les yeux d’Elsa”? Non? C’est pas ton truc? Bon. Ok pour Mahmoud Darwich, tiens écoute ça, Socrate. (Socrate vautré dans la bibliothèque somnole) “Je me suis suicidé et je suis venu”(elle éclate de rire), Mahmoud Darwich sans un bon verre de rouge c’est un peu glauque, j’adore le Buzet gouleyant, long en bouche, il m’fait voyager ce vin. J’aimerai tant qu’il ne vienne pas ce soir, 5 jolis mois passer à se caresser du bout des yeux et je préfèrerais qu’il ne vienne pas, mais quelle stupide idée “ Si tu ne veux pas, viens à 22h”. N’importe quoi! J’ai l’impression d’avoir à nouveau 13 ans et demi, boutonneuse et collant fluorescent, du genre: si tu ne veux pas fais sonner trois fois, c’était ridicule mais c’était fait! Je venais de proposer à mon amoureux de vivre et je mettais en place une stratégie bidon, foireuse, pour obtenir une réponse . Pourvu qu’il ne vienne pas, c’est pas grave je garderai la salade de truffes pour demain. Mes yeux sont rivés sur l’horloge. J’entends déjà l’interphone DVT DVT- DVT DVT Je ne veux pas répondre , Oh mais ça insiste!!! (Socrate sursaute, se jette sur la chaise qui tombe et entraîne dans sa chute la bouteille et le verre vide). Je crie plus que de raison, histoire de décharger cette angoisse qui monte en moi depuis 12 heures.- “Allô?”, dis-je d’une voix frêle. – C’est Madame Bichut la voisine du 2ème j’ai oublié ma clé pouvez-vous m’ouvrir y’a qu’vous d’allumé dans l’immeuble ! J’appuie machinalement sur le bouton et je m’effondre soulagée… Les minutes passent puis à minuit un message: “je ne viendrai pas ce soir, je préfère mettre mes pantoufles à côté des tiennes!” Quoi? mais j’ai pas d’pantoufles et j’en veux pas!”

TEXTE DE YOLA

A ma chérie Barbara,

Tu étais là à m’attendre, deux chaises interposées, ta petite table en bois, ton petit livre préferé, ta bouteille de vin Marquis de Prada 2006 Buzet, ton verre dans les mains, un goutte à goutte écoulé dans ta gorge. Tu m’as laissé ton petit mot sur un bout de papier ’05.07′ a 10h bistrot? c’est ça ma chérie? tu t’es enfermée dans ta pensée éternelle. Oui tu m’attendais, tu m’attendais toute la soirée. Un verre, deux verres et puis une page de plus pour t’apaiser: la poésie arabe traduite en francais? Tu attendais des heures et des minutes et des secondes et puis tu voulais t’arrêter. Moi je n’étais pas là. Je me suis absenté. J’ai voulu t’éviter. Et puis tu t’es levée. Oui brusqement tu as poussé la chaise. La bouteille vide est tombée par terre, le verre a failli se casser, les gouttes de vin sur le plancher… Ton bout de papier envolé. Puis tu m’as laissé ton écharpe rose sur une chaise et tu t’es barrée. Où ma chèrie, où? Maintenant, je vais te trouver? Incapable de me justifier, je regarde ton univers dans ton regret.
Nicolas

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Message édité le 16 décembre 2009

Les écrits des autres comme inspiration

9 juil

Sur la table, j’ai posé des écrits de toutes sortes: journaux, pièces de théâtre, livres d’art, dictionnaires, magazines… J’ai demandé aux amis de Sarah de prendre du temps pour regarder des images et des visages, pour lire une phrase, un article ou un paragraphe. Ensuite, ils ont écrit librement un texte théâtral.

Voici le dialogue amoureux de Yola inspiré d’une phrase de Madame de Sévigné choisie dans le dictionnaire des citations:

La vie est pleine de choses qui blessent le coeur

Petite ville de France.Un sombre début de la soirée, 20h. Dans un petit parc de la ville. Il est assis sur un banc dans une position confortable; appuiyant un de ses pieds sur le banc; genou soulevé. L’homme est penché étant en grande réflexion. Elle est en retard de 10 minutes. Souvent c’était l’inverse. C’était elle qui l’attendait. Cette fois non! C’est lui qui l’attend. Elle arrive en regardant son adorable visage dans l’espoir de s’expliquer, de se donner de bonnes raisons de continuer.

Jacques: Ma belle est en retard?

Marie: Renversement de la situation!

J: Tu m’as deçu, ma belle; moi qui tenais tellement à toi! D’être jalouse de mes connaissances feminines!!! N’est-ce pas ridicule de ta part, ma belle?

M: Je ne peux pas faire autrement je tiens à l’oeil mon territoire!!!

J: Tu me fatigues ma belle !! Je suis fatigué. Mon travail me fatigue. Ma famille me fatigue. Toi tu me fatigues. La confiance ?

M:Car tu rêves de la vie en rose, toi ? Tu attends la vie, la vie tranquille, la belle vie ? Les choses me blessent moi aussi. Pourtant je continue. Tu me blesses toi! Mon passé me blesse . Et je te regarde encore et j’avance encore !

J: J’ai le droit de vivre ma vie privée ma belle, n’est-ce pas ?

M:Je ne suis pas ta vie privée moi ? Je n’en fait pas partie ?

J: Tu me fatigues avec tes jalousie ,pourtant je tiens a toi ma belle !

M: Ou sont les hommes d’hier ? Vous les hommes d’aujourd’hui vous ne faites qu’à votre intérêt.

J: Qu’est-ce qu’on fait, ma belle, on arrête là ?

M: L’amour me blesse Jacques . Tu sais, la vie me blesse . Le futur me blessera avec ou sans toi , tu sais ?

J: J’accepte pas les blessures . Je préfère rester tranquille . Que fait-on? On arrête-là ?

M: On arrête-là !

J: On m’a dit que tu tenais a moi ? Non ? Tu prouves le contraire avec tes paroles .

M: Les paroles, les paroles blessent . Tout nous blesse plus ou moins . Ce ne sont que des paroles vides .

J: Tu me fatigues ma belle. Qu’est-ce qu’on fait ?

M : J’ai froid, on marche pour nous rechauffer.

J: Je te propose de venir boire un coup chez moi.

M: Non j’ai decidé de ne pas aller chez toi . Respire, Jaques . Vis! Sois tranquille. .

J: Viens, ma belle ,il fait froid .

M: Ca me blesse, tes ambiguités . Ta liberté . Ça me blesse . La vie me blesse .

J: Je te supporterai pas longtemps ma belle . Il faut que tu le saches . Qu’est-ce qu’on fait ?

M: Avec moi ou sans moi , tu ne seras pas tranquille. La vie ça blesse . L’amour ça blesse . Plein de choses nous blessent . T’en finiras jamais .

J: Je t’amène chez moi ma belle .Je sais que tu le veux . Je te connais comme si je t’avais fait .

M: Tu sais, Jacques , l’amour me semblait être quelque chose de magnifique mais parfois ça blesse comme l’enfer .

J: Allons ,allons ma belle .

M: Je ne sais plus où tu veux qu’on aille . Je ne sais plus ou ça nous amènera . Peut être que ça me blessera une nouvelle fois encore .J e ne sais plus . Je ne sais plus … Sûrement, à nouveau, ça me blessera le coeur .

YOLA

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Message édité le 26 novembre 2009

A la bibliothèque

9 juil

Cette semaine, nous sommes allées à la Bibliothèque Francophone Multimédia chercher des idées d’écriture, un peu d’inspiration. Yaya a été happée par l’exposition “Insectitudes”, en a tiré un texte angoissant.

Plaqués, affichés sur une toile que personne ne regarde, nos heures sont comptées, nos minutes, nos secondes. Nous le savons, nous ne sortirons jamais d’ici. Où sommes-nous? Nous n’existons pas, nous sommes seulement une représentation de ce que nous pourrons être. Une part du secret est levée. Les gens nous regardent souffrir écrasés sur un mur, et sourient.

-Regarde comme ils sont beaux! s’exclame une mère.
-Moi je trouve qu’ils ne ressemblent à rien, répond le fils.

C’est vrai, nous ne ressemblons à rien. Nous sommes inreconnaissables. La seule chose qu’on peut dire c’est que nous sommes défigurés, sans visage. Vous, idiots, qui nous regardez, vous savez ce que c’est de vivre sans visage? Sans identité, nous ne sommes qu’une tache sur un mur. Trois couleurs et un pinceau, nous voilà nés. Une différence dans une unité neutre.
Nous avons une identité: la différence. Ce mot a trop résonné dans nos oreilles. Mais sachez une chose, nous vous observons. Vous marchez en regardant vos pieds. Vous cherchez une information, vous vous posez une question, toujours la même.

C’est bien utile de vivre comme ça?

Vous êtes dans un monde où tout doit être prévu, noté, classé, plaqué, affiché, enregistré. Vous vivez dans un moule, tous égaux, tous pareils, avec un même modèle de vie. Vous vivez dans un moule, vous n’en sortirez jamais!

YAYA

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Message édité le 22 novembre 2009

Le joueur de flûte de Hamelin

9 juil

Nous avons lu le conte “Le joueur de flûte de Hamelin”.

http://www.dark-stories.com/flute_de_hamelin.html

J’ai demandé ensuite aux participantes d’imaginer et d’écrire le monologue d’un des personnages du conte.

Voici la psyché du joueur de flûte selon Yaya:

Assis dans la pénombre, un homme aux trois personnalités. En prenant un air neutre:
Je ne suis qu’une pièce, qu’une pièce, qu’une toute petite pièce d’un immense engrenage, immense, immense, immense engrenage qui tourne, tourne, tourne! 

En prenant un air terrifiant et sadique :
Suis-je l’envoyé du diable, non…je suis le diable!

En prenant un air innocent :
Je vais tout vous raconter, depuis le début, depuis le début, depuis le début je vais tout vous raconter,je suis le diable, le diable, depuis le début, je vais tout vous raconter, je suis le diable (en criant )STOP! Je m’en souviens, je m’en souviens…j’ avais entendu parler de cette parler de cette ville envahie par les rats et je savais que je pouvais résoudre le problème grâce à ma flûte aux pouvoirs magiques pour n’importe quel prix, n’importe quel prix! Je suis allé voir le maire et pour 1000 pièces je devais lui débarrasser la ville des rats. J’ai commencé à jouer de la flûte et il m’ont tous suivis dans l’eau et…
 
En prenant un air terrifiant, sadique et riant:
TU les as tués, TU les as tués!!!!
 
En prenant un air innocent :
Non, c’est pas moi, c’est pas moi, c’est TOI et TOI seul!
 
En prenant un air terrifiant, sadique et riant:
Je suis ton alter ego, ton autre toi, tu es moi et je suis toi donc tu les as tués!!!! Et tu es un ASSASSIN ! ASSASSIN ! ASSASSIN ! Et les enfants, tu te souviens des enfants que tu as arrachés à leur mère, à leur père car le maire ne t’avait pas payé!
 
En prenant un air innocent:
Non c’est pas qui les emmenés dans la montagne pour…

En prenant un air terrifiant, sadique et riant:
Les tués un par un, chacun voyait l’autre mourir quand au dernier nous sommes les seuls à l’avoir vu en derniers…Et puis comme pour te punir la montagne ne s’ouvre plus ! Donc tu es seul, tout seul enfermé la dedans!

En prenant un air innocent et en criant:
Arrêtes c’est pas moi qui les ai tués, c’est pas moi, tu me fais mal, va t-en, part, part, va t-en!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je ne suis qu’une pièce, qu’une pièce, qu’une toute petite pièce d’un immense engrenage, immense, immense, immense engrenage qui tourne, tourne, tourne et qui s’arrête!

YAYA

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Message édité le 21 novembre 2009

Message édité le

Gare des bénédictins

9 juil

Nous sommes allés à la gare de Limoges pour observer les gens, les lieux, les émotions. Chacun devait ensuite écrire un monologue inspiré d’une personne, d’une situation.

MONOLOGUE DE YOLA

Gare de Limoges, midi quarante. Femme de soixante ans, pantalon noir, veste kaki, cheveux foncés, des lunettes de soleil noires. Elle sort du tabac-presse. La gare peu peuplée mais quand même, il y a des personnes. Des voix sonorisent: “Attention, le bus de Cognac part a 12H45 voix 13″.

Adeline

C’est dimanche. Donc, je viens à la gare de Limoges. C’est mon tour chaque dimanche. Je vais au bureau de tabac. Tu vois, j’ai acheté mon journal. J’ai mis mes lunettes noirs. C’est moi, j’aime pas m’afficher. Ils me connaissent la au bureau de tabac. Bonjour, le populaire s”il vous plait .Vous allez bien madame? Oui merci. Et vous? Je paye à chaque fois avec la monnaie .Pas de billets. Je suis retraitée. Mon mari est décédé. Mes enfants sont en dehors de la ville. Seule. Je pars pas. Non. Je reste là dans cette ville de mes ancétres. Mes parents étaient là pendant la guerre. Je me suis mariée là. Je mourrai là. Je reste là. La gare me plait. Oui c’est vrai .Je viens, j’achète, je pars. Ça anime ma vie. Dimanche il n’y a rien a faire. Donc je me plais a sortir chercher mes journaux. Oui, ce sont des habitudes de vieux, vous diriez. Tiens, je vois un petit piaf qui se promène sur le sol de la gare! J’entends les gens parler. Qu’est- ce que tu prends mon gars :Un café s’il te plaît. Je vois des gens manger, boire, attendre, attendre. Moi, j’attends plus rien. J’attends peut -ètre la fin… Bon, je sors de la gare. Devant, je vois des taxis. Ha non ils sont tous partis. Au moins j’aurais dit bye. Bon, a la prochaine, je dis. Je rentre comme tous les dimanches. Je vais manger. Après la sieste. La vie des vieux vous diriez. La gare, la vie de l’espoir, de partir vers l’inconnu. Ma vie, ma gare, ma ville, mon existence s’arréte là. Je regarde la gare. Je vois mon train partir sans moi. Où? Dans une autre vie, pas la mienne. Surtout laissez-moi vivre votre vie. Mais je finis là à la gare, ou vous commencez à partir. Vous avez toute la vie. Partez, respirez, vivez! Je rentre. Je suis fatigué. Mon tour est terminé. Dimanche prochain, je recommencerai à vous mater, sans que vous le deviniez avec mes lunettes noires. Je vous envie votre voyage dans la vie. Le mien est terminé .

MONOLOGUE DE YAYA

ENVOL

Elle
Grand bâtiment blanc à l’allure majestueuse. Moi, j’suis là, entre un vieux qui cherche désespérément un interlocuteur et une mère qui ne veut pas laisser partir sa fille :

-Tu es sûre de ton choix ?
-Oui.
-Tiens, je t’es préparé un sandwich.
-Maman, j’en ai acheté un !
-Oui, bourré de machins cancérigènes. Le mien est bio et meilleur tu le sais !

Moi, qu’est que je fous là ? Je fuis. Quoi? Ma vie. Envie de faire de nouvelles rencontres. Marre de la vie de village, de la mamie qui s’approche de toi et qui, en te pinçant la joue, te crie car elle est sourde: “elle a bien grandi, la petite!”
Où je vais? Loin. J’ai pas encore décidé où. Les gens me dévisagent en pensant sûrement que je suis trop jeune pour pour partir. Quand j’ai dit à certaines personnes que j’allais partir les seuls mots qui sont sortis de leur bouche étaient : fille indigne, petite inconsciente, absence du sens de la famille… Mais c’est quoi ce sens ! J’espère que ma vie sera meilleure à…

“Le train à destination de Paris rentre en gare”

Paris… la capitale…pourquoi pas, je prends mon seul bagage, les dernières raisons qui me retenaient ici s’envolent… Et je vais sur le quai inconsciente, indigne et avec une totale absence du sens de la famille…Mais heureuse…

MONOLOGUE DE 300

Quelques divagations sur la gare des Bénédictins à Limoges
La ville dans la ville…
La vie dans la vie…
La lumière ; où je vais, je cherche toujours la lumière ; celle que l’on voit ; celle qui se cache…
Les bruits immédiats ; Après la lumière qui apprivoise l’espace, c’est le bruit de la machine à café qui effleure mes sens…
Les bruits proches ; Les conversations, des sons très métissés, on se croirait à un carrefour du monde où plusieurs langues se croisent…J’entends des ch ch, le son m’est familier, mais je n’arrive pas à comprendre. Assis pas loin de moi, des gens qui arrivent d’ailleurs, où bien qui partent ailleurs. Cela évoque le voyage… Je suis quand même dans une gare.
Les bruits en sourdine ; Les pas. Les cercles constants de l’air qui se déplace devant les gens qui marchent à droite, à gauche, en face vers les quais ; les bruits du mouvement.
Les signaux me perturbent et m’empêchent d’admirer les beaux vitraux de cette gare. Qui m’empêche d’aller les voir de plus près ? Mais dès que je suis arrivée la lumière et l’odeur du café m’ont entrainés vers une jolie table où je me suis assise confortablement, pour déguster un café et regarder autour. Je me résigne donc à admirer partiellement ces vitraux et regarder un peu plus loin vers d’autres angles…
Pour ceux qui aiment le grand air, une belle esplanade bordée de beaux arbustes évoque le centre de la ville avec ses arbres. Etrangement au cœur de cette belle ville, qui a pour ciel une immense verrière, est posé un grand bloc en verre ! En fait c’est un cube qui est une salle d’attente et un point info. Les gens qui sont à l’intérieur attendent pour partir…à l’abri. De qui ? de quoi ? Ils sont peut-être à l’abri du flux des autres. Comme s’ils avaient peur d’être dans la ville ou dans la vie qui, malgré ce cube, bouillonne tout autour. Je divague un peu je crois. Ils ont tout simplement froid et veulent s’abriter des courants d’air…mais aujourd’hui il fait tout de même presque 20 degrés ! Bref…
Je tends l’oreille gauche au haut-parleur qui expulse une voix mélodieuse, nous mettant en garde sur les colis abandonnés, où qu’il est interdit de fumer dans la ville… La gare, pardon !
Et là je rêvasse à nouveau ; un message du style « Vous êtes à la gare dans la ville de Limoges. Si vous arrivez soyez le bienvenu, installez vous confortablement et appréciez la beauté de ce lieu. Si vous partez faites un bon voyage et revenez bientôt… Si vous attendez… Admirez »  Quelque chose comme cela, nous rappellerait peut être les qualités humaines qui nous font aller les uns vers les autres… Pour l’instant c’est la méfiance qui règne ! Donc attention ! Prenez garde… a vos bagages !
Et ce monsieur qui me regarde de son cube en verre avec l’air le plus ennuyé possible… A mon avis il s’emmerde ! D’où il est il ne peut pas voir les beaux vitraux, la lumière lui passe à côté… j’ai comme l’impression qu’il met sa vie entre parenthèse pendant qu’il attend…
Mais cette gare est une vraie ville ! Il y a même des toilettes publiques. On peut prendre des photos, on peut regarder des affiches éparpillées un peu partout… « Soyez bien assuré et sur de vous avec la Matmut » Très rassurant.  Où bien découvrez R. Luce qui affiche un air songeur très « déjà vu » pour la promo de son nouvel album (il faut que ça marche quoi !).
Et si j’allais m’acheter un billet pour Toulouse ? Presque aussi cher que pour Paris… Je reviens sur mes pas et je lis au passage « voyagez au frais de la princesse » Quelle publicité mensongère !
Je repasse devant le cube en verre. Tiens le monsieur est toujours là… Il mange.
Ma curiosité m’a poussée à entrer dans cette salle d’attente exclusivement réservée aux voyageurs qui ont déjà composté leur billet. Il ne leur reste plus qu’à aller du cube au rectangle.
L’ambiance sonore est un peu près celle d’une salle d’attente…chez le médecin. Ce qui contraste assez avec le paysage externe. Le tout est un peu surréaliste à mon sens. On voit le mouvement tout autour de ce cube, mais on ne le sent pas. Un peu comme traverser la vie sans la vivre… Ici l’immobilité des gens qui mangent est angoissante…. Je passe la porte en verre, je respire. Je suis à nouveau en vie au cœur de la ville…

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Message édité le 29 octobre 2009

Continuer dans le style

9 juil

J’ai lu aux Amis de Sarah des débuts de pièces de théâtre, leur demandant ensuite de poursuivre dans le style de l’auteur choisi.

Tu vois tu aimes la vie
ah c’est ça
j’ai envie de craquer la vie
et c’est très beau ça aussi
j’ai ma maman encore
plus de papa
et c’est la vie ça
ah tu tentes encore cela
et tu réussis
c’est très beau ça
et c’est la vie
ah tu échoues parfois
et cela c’est la vie aussi
le blanc, le noir, le gris
et c’est beau cela
c’est la vie
tu te lèves et debout
et c’est ça la vie
ah du courage tu dis
et tu aimes ta vie
ah parfois tu détestes la vie
et c’est beau la vie.

YOLA
D’après À chaque étage on voit la mer de C. Rengade

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Message édité le 27 octobre 2009

Je me souviens

9 juil

L’exercice consistait simplement à s’inspirer du livre de Georges Perec, d’écrire de courtes phrases commençant toutes par: Je me souviens.

Je me souviens de ses grimaces quand je quittais la pièce
Je me souviens de l’odeur du café de ma grand-mère
Je me souviens de mon premier chagrin d’amour
Je me souviens de toi
Je me souviens que tu n’étais pas là ce jour là
Je me souviens de ce voyage en avion
Je me souviens de la mort de Coluche
Je me souviens de ce grand moment de solitude
Je me souviens du festival de Montreux
Je me souviens d’avoir pleuré sur les applaudissements.

JUANITA

Je me souviens d’un matin d’été
Je me souviens des pompiers chez moi
Je me souviens des médecins chez moi
Je me souviens des pleurs de ma grand-mère
Je me souviens des visages bouleversés
Je me souviens des yeux fermés de mon grand-père
Je me souviens de la pendule qui indiquait 11h30 du matin
Je me souviens des infos qui annonçaient le tsunami
Je me souviens des voisins qui arrivaient en courant
Je me souviens du jour où est mort mon grand-père…

YAYA

*

Message édité le 27 octobre 2009

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