Dans le cadre de Nouvelles Zébrures, nous accueillons la lecture de Crabe Rouge de Julien Mabiala Bissila mis en espace par Bénédicte Wenders. Mais qu’est-ce que “Crabe rouge”?
“Crabe rouge est un bar sordide le long du fleuve Congo. Bayouss, manchot, en est le tenancier, Bibiche y danse en professionnelle malgré sa grossesse. Le colonel Dolpic vient chercher des noises à Bayouss, et l’ex-enfant-soldat Marley vient y rouler des mécaniques. Ce jour-là, la télévision retransmet le procès des « disparus du Beach ». Mais dans le bar le chaos de la vie continue: impossible de fermer les robinets de bières comme l’ordonne le gouvernement, la nuit qui tombe régulièrement sur le bar faute d’électricité… Mais dans le chaos de la vie, même dans la nuit, il y a de la vie. Même si elle est racontée, dans une langue décapée à l’acide, par ceux qui sont peut-être déjà morts ou par l’enfant qui refuse de naître. Ce sont les lendemains de guerre à Brazzaville avec ses personnages déjantés, leur violence, leur humour, leur séduction aussi.”
Pour mieux entrer dans le texte, revenons sur les événements de mai 1999, les “disparus du Beach” et sur les différentes étapes du procès.
Faisons un rappel des faits.
Entre avril et juin 1999, des Congolais (du Congo-Brazzaville) réfugiés du fait de la guerre civile dans la région du Pool ou en République démocratique du Congo (RDC), sont revenus vers Brazzaville par le port fluvial, suite à la signature d’un accord tripartite entre la RDC, la République du Congo et le Haut Commissariat aux réfugiés, définissant un couloir humanitaire censé garantir leur sécurité. A leur arrivée à Brazzaville, des centaines de personnes ont été arrêtées par des agents publics pour interrogatoire et ont disparu, sans que l’on sache, encore aujourd’hui, ce qui leur est arrivé.
En 2005, un procès de plus de trois semaines a lieu à Brazzaville. La Cour criminelle décide, par son verdict du mercredi 17 août , d’acquitter les quinze accusés dans l’affaire des disparus du Beach, tout en reconnaissant la disparition de plus de 85 personnes lors des événements de 1999.
La Cour de cassation française casse le 09 avril 2008 la décision annulant la procédure du « Beach de Brazzaville » devant les juridictions françaises. Elle décide ainsi de renvoyer devant la juridiction de Versailles laissant la voie ouverte à la réouverture de l’enquête.
En juin 2007, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles valide toutefois l’enquète dans cette affaire. Mais, concernant le chef de la police congolaise Jean-François Ndengue, elle a estimé qu’il jouissait d’une immunité empêchant sa mise en examen en France. La justice française a abandonné, le 20 juin 2008, les poursuites contre M. Ndenguele, qui avait été mis en examen pour “crimes contre l’humanité” dans l’affaire des disparus du Beach.
De même, le 2 novembre 2007, un arrêté ministériel congolais a établi une interdiction de comémoration publique aux victimes du massacre du Beach.
Pour comprendre l’importance de cette réouverture du dossier, nous vous invitons à écouter Marcel Touanga, président du Collectif des parents des disparus du Beach de Brazzaville sur le blog de la FIDH
Pour entendre le texte Crabe Rouge de Julien Mabiala Bissila:
Mardi 23 mars à 12h30 au théâtre du Rond Point à Paris.
Jeudi 25 mars à 18h30 à la salle de théâtre du Lycée Léonard Limosin à Limoges.
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Message édité le 16 mars 2010